01.06.2011

La droitosphère se réveille !

Non. Elle nait. Et il était temps car les élections sont dans un an !

"L'enchanteur" Arnaud Dassier a récemment créé Atlantico, un journal en ligne à la qualité éditoriale certaine et qui a déjà commencé à buzzer lors de la première affaire DSK (la Porsche). Il était temps car la droitosphère a du retard.

Jusqu'ici, il était même difficile de l'identifier. On se demandait, à part quelques blogs et personnalités, qui défendait la majorité présidentielle sur le web, alors que gauchosphère et réacosphère en disait tout le mal possible sur le web. Les seuls buzz étaient contre-productifs, comme le Lip Dub des jeunes UMP.

Plus encore qu'en 2007, la bataille des esprits se gagnera aussi sur le web. Les choses ayant beaucoup évolué en 5 ans, il n'est plus question de se borner à troller les forums ou d'acheter simplement des mots-clefs. Le web social a clarifié le débat et vu la montée en puissance d'acteurs indépendants, et plus que jamais, le débat politique sur le web devra poser les vraies questions et y apporter des réponses. Sans langue de bois.

31.05.2011

Mme Lagarde en campagne sur Twitter

Christine Lagarde a ouvert un compte Twitter dédié à sa campagne pour le poste de Directeur général du FMI.

Très bonne utilisation du micro-blogging : le compte est alimenté très fréquemment, avec de brefs commentaires sur des sujets d'actualité (notamment l'affaire Tapie).

Y sont ajoutés de petits clins d'oeil à l'activité au jour le jour de Mme Lagarde, par exemple la sortie d'une émission sur Europe 1, avec des liens Facebook vers des photos. Un compte Twitter vivant, animé, personnel, qui préserve toutefois la vie privée de son auteur.

En revanche, le bilinguisme aurait pu être mieux utilisé, la présentation en anglais aurait nécessité une traduction. Et la photo de profil est à revoir.

30.05.2011

Influence diplomatique et web : la revanche des petits sur les puissants ?

Il suffit d'un PC, d'une connection et de quelques militants. Inutile de faire appel à des hackers, aucune connaissance technique n'est nécessaire. La cyber-diplomatie est née et est à la portée de n'importe quel groupe militant.

Le samedi 28 mai 2011, le Monde postait sur sa page Facebook le témoignage d'un de ses collaborateurs emprisonné dans les geôles syrienne. Le jour même, cet article a été repéré, selon le Monde, par "un groupe d'activistes pro-régime, "l'armée électronique syrienne"". Ce groupe créé une page Faceboook, supprimée par la suite, appelant à la publication de commentaires de protestations sur la page du Monde. Résultat selon le Monde : 1 400 messages.

L'objectif a été atteint : les messages postés spontanément par les lecteurs du Monde sont noyés dans la masse. En outre, le régime syrien a fait une démonstration de l'étendue et de la discipline de ses réseaux militants.

La faiblesse de ce type de cyber-influence réside dans le caractère stéréotypé des messages publiés. Ces messages copiés/collés à l'infini ne trompent personne sur leur caractère artificiel, ils évoquent au mieux des solgans répétés ad nauseam par des militants nords-coréens. Il aurait été utile de les affiner, une équipe de rédacteurs serait en mesure de faire ce travail.

Des enseignements peuvent en être tirés.

Du côté syrien, l'utilisation d'une langue étrangère (l'arabe) comprise par les militants mais globalement ignorée des autorités de régulation du web est un atout précieux. Le nombre joue aussi, un millier de militants disposant de comptes et de connections différentes, motivés et réactifs, forment un réseau efficace et facile à mettre en oeuvre. Enfin, la langue du régulateur (l'anglais) et celle du média ayant publié l'article (le français) sont maîtrisée par les cyber-militants syriens.

Les limites de ce type d'action sautent toutefois aux yeux. La première réside dans la puissance du réseau social lui-même. Facebook reste un instrument occidental qui peut à tout moment supprimer une page, exclure un utilisateur... ce type de régulation doit toutefois être utilisé avec prudence si le réseau social veut garder sa crédibilité de réseau global, sans passer pour un instrument au service des Etats-Unis ou de telle ou telle politique.